Mon interpellation au Conseil Communal du 11 décembre 2014

Publié le par Anne Oger

Conseil conjoint Ville/CPAS du 11 décembre 2014

A propos de la note de politique générale du CPAS proposée par P. Defeyt

Elaborer une politique sociale actuellement est loin d'être une sinécure. Face au nombre de personnes précarisées qui augmente sans cesse, il est difficile, tant pour la Ville que pour le CPAS, de répondre à tous les besoins, avec les moyens qui sont les leurs.

Pourtant, la politique menée depuis 2006 s'est voulue volontariste : ainsi, le CPAS de Namur a été un pionnier en créant un nouveau service, le SIS (Service d'Insertion Sociale); au niveau de la Ville, le travail de rue, ainsi que celui mené dans les quartiers à haute densité de population, se sont développés et affinés. De façon générale, une collaboration accrue entre les services Ville/CPAS s'est instaurée.

Il est certain que les synergies doivent encore s'amplifier. Nous prenons acte des propositions formulées par Mr le Président du CPAS, mais il est évident qu'elles doivent faire l'objet d'une réflexion approfondie avec Mme l'Echevine de la Cohésion sociale. Le but est, bien sûr, de réaliser une économie d'échelle et d'être plus efficace, tout en conservant une cohérence suffisante dans les actions et un bon maillage entre les services. Par exemple, les expulsions sont déjà éthiquement très difficiles à accepter et à pratiquer ; elles ne peuvent se justifier comme des moments isolés, mais doivent s'intégrer dans une démarche de reconstruction pour les personnes qui en sont victimes, d'où l'importance d'actions conjointes entre la Ville et le CPAS.

Passons à la politique sociale en faveur des personnes âgées. Beaucoup sont en quête d'informations, particulièrement pour organiser leur maintien à domicile ou pour rechercher un logement mieux adapté… Le Guide Namurois du Maintien à Domicile (édité par le CPAS) peut d'ailleurs les y aider. Mais ces personnes ne sont pas toutes en situation de précarité et d'isolement complet ; elles ne sont pas toutes demandeuses d'un suivi régulier, suivi dont le CPAS peut se charger. De plus larges concertations entre la Ville et le CPAS sont donc nécessaires à ce niveau et le Conseil Consultatif des Aînés doit y jouer son rôle.

Mr Defeyt parle de ses inquiétudes pour les dépenses sociales du CPAS de Namur dès 2017 si les difficultés devaient se confirmer. Mais ne peut-on anticiper, là où il reste une marge de manœuvre (qui est, j'en suis consciente, limitée), en évaluant les actions entreprises, peut-être avec une aide externe, sans perdre de vue, naturellement, les missions premières que le CPAS se doit d'assurer au mieux ? Cela impliquera des ajustements, des réorientations, peut-être des renoncements.

Ainsi, pourquoi ne pas creuser les pistes suivantes? La cellule « Maraîchage »du CPAS a été incluse dans le Service des Espaces Verts de la Ville. Cette initiative ne pourrait-elle pas être étendue à d'autres corps de métier dont s'occupe actuellement l'EFT (Entreprise de Formation par le Travail): je pense à la ferronnerie et aux travaux de peinture. L'on n'est pas, en effet, à l'abri d'une baisse des subsides dans les années à venir.

Créer des plates-formes de concertation avec les associations, voire avec les entreprises d'économie sociale, est également utile.

Quant aux nouveaux projets, la plus grande prudence et une réflexion prospective s'imposent aussi avant de les concrétiser.

En novembre dernier, Christine Mahy, du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, lors d'une matinée consacrée à la précarité des femmes, nous exhortait à faire le choix d'une société solidaire pour que l'humain reste au coeur des préoccupations. Cela a toujours été la priorité des travailleurs sociaux (et je les félicite pour leur engagement) et c'est ce qui doit, encore et toujours, guider notre politique, tant à la Ville qu'au CPAS…"

Publié dans Conseil Communal

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