Intervention au Conseil communal du 10 mars 2015

Publié le par Anne Oger

Concerne le point relatif au règlement de l'abri de nuit.

Depuis 2006, nul ne peut ignorer que les autorités politiques de la Ville de Namur en charge de la Cohésion sociale ont mené une large réflexion sur la problématique des SDF, et plus spécifiquement sur l'abri de nuit.

Cette réflexion a été nourrie par ce qui se fait dans de grandes villes comme Paris, par exemple. Elle s'est faite également en concertation avec tous les travailleurs de la Cellule Solidarité, mais d'autres acteurs, comme le CPAS et le RSUN, étaient également autour de la table. C'est important de le redire.

C'est ainsi que la construction du nouvel abri a intégré de nouvelles donnes, comme celle des chiens accompagnant parfois les personnes à la rue dont ils ne veulent pas se séparer. Les heures d'ouverture de l'abri de nuit ont aussi été élargies et le passage vers d'autres structures d'accueil de jour a été facilité pour mieux répondre à la réalité de terrain. Il y a donc eu des avancées positives.

Le règlement d'ordre intérieur qui a été élaboré en 2012 est fondé sur un projet d'accueil global. Vivre à la rue n'est pas compatible avec la dignité humaine. L'abri de nuit doit être un relais vers d'autres services et un tremplin vers une plus grande réinsertion, par exemple pour accéder au logement.

L'accent y est mis sur des valeurs comme l' accompagnement individualisé, le dialogue… mais aussi sur la nécessité d'assurer la quiétude et la sécurité des résidents. Quant au quota des 45 nuits par an, il répondait à la volonté, face à un nombre sans cesse en hausse de personnes à la rue et à la violence qui y règne parfois, de donner sa chance à tous, surtout au plus faible. Il s'agissait d'éviter que « les premiers arrivés soient les premiers servis »

Rappelons que ce règlement a été approuvé par le Conseil communal, opposition comprise, et par l'Autorité de tutelle… Depuis lors, il a toujours été régulièrement évalué par le service concerné.

Suite au tragique décès d'un SDF, il est facile aujourd'hui de s'indigner et de chercher un bouc-émissaire. Au-delà des premières émotions, chacun doit accepter ses responsabilités et faire preuve de lucidité. La Ville de Namur essaye de faire le maximum, en fonction de ses moyens qui restent limités. Une dotation régionale d'une vingtaine de milliers d'euros supplémentaires, ce n'est pas une manne sans fond. L'hébergement en hôtel ne peut se faire sans discernement : les frais devront être supportés par la Commune et donc par le contribuable. Et même si on avait deux fois plus de places d'hébergement (on peut rêver), il n'est pas sûr que cela serait suffisant et des conditions d'accès devraient encore être déterminées afin que le système soit équitable et réponde aux besoins les plus criants.

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Mme l'Echevine S. Scailquin a été touchée, comme nous tous, par le cas malheureux vécu dernièrement. Son implication dans le domaine social qui lui a été confié ne fait aucun doute, pas plus que sa volonté de défendre son personnel qui travaille dans des conditions difficiles. Elle fait aussi preuve d'un grand courage politique en réaffirmant la nécessité de garder un cadre, mais est ouverte à la discussion en mettant à l'ordre du jour dès ce conseil la possibilité d'apporter des modifications au présent règlement d'ordre intérieur.

Plutôt que d'attiser les polémiques, soyons donc constructifs…

Publié dans Conseil Communal

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