Conseil Communal du 25 juin : intervention sur le Square Léopold

Publié le par Anne Oger

« Le collège n'a pas tenu ses engagements, il fait table rase des résultats de la consultation populaire, comme il va faire table rase du square Léopold » d'après Mme E. Tilleux, dans l'Avenirdu 20 juin. Dans une autre déclaration, elle affirme : « Rien de ce que les Namurois réclamaient n'a été pris en compte". De tels propos, parce qu'ils manquent de nuance, parce qu'ils tombent dans l'outrance, trahissent la vérité. Je sais qu'il est toujours plus facile, aux yeux de son électorat potentiel, de faire passer des idées simples, voire simplistes. Mais il me semble qu'en tant qu'hommes et femmes politiques, c'est aussi de notre responsabilité d'expliquer au mieux la complexité des situations ou des décisions prises. Il est faux d'affirmer que le Collège n'a pas tenu ses engagements. Je ne reviendrai pas longuement sur l'organisation de la consultation populaire qui avait pour but de prendre le pouls des Namurois : parmi les 91.301 inscrits, 21908 se sont déplacés, soit 23%. Environ 11 % de ceux qui pouvaient participer (11287 personnes) ont dit non à la première question portant sur la nécessité d'implanter un centre commercial et 14 % (12945 personnes) à la troisième portant sur la sauvegarde du Square Léopold en son état actuel. « Les raisons de l'opposition sur le fond du dossier sont multiples » disait A. Piret, le 12 février 2015. Je suis bien d'accord avec lui : il est difficile d'interpréter finement les résultats. Malgré cela, la Ville a très vite décidé d'accorder de l'importance à ces manifestations d'opposition; elle a mis en place un comité de conciliation, sous la houlette d'une personnalité indépendante, Mr Henri Bogaert. Nous voudrions d'ailleurs le remercier pour les 11 réunions qu'il a présidées durant les 4 derniers mois, pour son investissement en temps et en énergie. Lui reprocher son manque de proactivité, comme le dit Mr Piret, parce qu'il n'est pas arrivé au consensus souhaité par le groupe PS, c'est, à tout le moins, peu élégant... Ce comité de conciliation n'a pas été inutile : des représentants d'associations de commerçants, de l'UCM, du Comité de Quartier de Bomel, du collectif, et même du PS (ce qui témoigne d'une belle ouverture d'esprit de la part de majorité), ont pu , loin des caméras, s'écouter, exposer leurs arguments, mais aussi les confronter à ceux d'autrui et enrichir leur point de vue, grâce, notamment, aux études présentées sur la situation commerçante existante, mais aussi sur l'état phytosanitaire des arbres. Nous touchons là à une des formes de la démocratie participative, des citoyens prenant part à la construction d'un projet. Il n'est pas dit que tous doivent réussir à faire prévaloir leurs idées. Un des risques de cette démocratie participative, c'est d'instrumentaliser les citoyens : d'après ce que j'en ai entendu, cela n'a pas été le cas. Je m'interroge, par contre, beaucoup plus à cet égard sur la conférence de presse conjointe qui a eu lieu entre le PS et le collectif.

Revenons aux résultats du comité de conciliation. Le consensus n'est pas complet, mais des accords ont été dégagés sur des points importants - sur l'offre commerciale complémentaire qui pourrait rendre notre ville plus attractive - sur la circulation, le parking: 845 places de parking en plus à l'horizon 2020 Contrairement à ce qu'affirme Mme Tilleux, il n'est nullement question de faire table rase du Square Léopold, mais bien de le modifier en le rendant plus agréable. Le promoteur a accepté un bâtiment à taille plus humaine : diminution de l'emprise au sol (et 1000m2 en moins au sol, ce n'est pas rien, c'est 7000m2, si on tient compte des différents niveaux) et diminution de la hauteur du bâtiment. Quant à l'aspect environnemental, il a été largement pris en compte : caractère novateur du jardin sur le toit, réaménagement de l'espace arboré et d'un « parvis » devant l'entrée. Et ce n'est pas un seul arbre qui sera conservé comme initialement prévu, mais 9 auxquels s'ajouteront 6 autres.

Je crois qu'il est maintenant temps d'avancer. Tout le monde aime les arbres, mais il faut aussi faire preuve de bon sens : continuer à palabrer pour quelques arbres ou concrétiser ce centre commercial au Centre-­Ville, dont la nécessité ne semble plus guère contestée ? N'est-­il pas temps d'arrêter les frais ? Si l'on devait recommencer une consultation populaire aujourd'hui, je ne suis pas sûre que certains Namurois ne changeraient pas d'avis, d'après ce que je lis sur les réseaux sociaux... La Ville fera-­t-­elle un mauvais choix en pariant sur un centre commercial de 21.000 m2 ? Tout projet comporte son lot d'incertitudes, c'est inhérent à sa nature. Mais le choix posé ici se fonde sur un maximum de paramètres, les plus objectifs possibles. Et Namur fait ainsi un pari sur l'avenir. Comme sur tout bateau, il faut un timonier, un capitaine, pour donner la direction et le faire avancer, même s'il y a des écueils et des dangers. Ce qui est sûr, c'est que les villes timorées, qui ont préféré leurs certitudes aux grands projets, ne se trouvent pas dans le top 50 des grandes villes prospères, tant au niveau économique que touristique... qu'elles se situent en Belgique ou en Europe. Il est bon de le souligner.

Publié dans Conseil Communal

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