Intervention au conseil communal de décembre 2013:

Publié le par Anne Oger

Note de politique sociale 2013-2018

Je tiens d'abord à remercier tous les travailleurs du secteur social, tant de la Ville que du CPAS. Confrontés à des tâches toujours plus lourdes, toujours plus complexes, ils sont amenés à sans cesse s'adapter aux besoins des usagers, toujours plus nombreux, et à chercher des solutions innovantes. La note fait état d'initiatives nouvelles, mais, ne nous y trompons pas, les remises en question et les ajustements sont fréquents, à tous les niveaux.

Je voudrais également profiter de l'occasion pour mettre à l'honneur les conseillers du CPAS. Je sais, ayant été conseillère CPAS durant la précédente législature, à quel point leur travail dans l'ombre nécessite un profond engagement en temps et en énergie

Revenons à la note que nous venons d'entendre. Elle montre à l'envi que La Ville n'a pas à rougir de sa politique sociale: les synergies Ville/CPAS, mais aussi la collaboration avec les nombreux partenaires associatifs (dont 160 qui sont membres du Conseil Consultatif du Social), font sa force et assurent sa crédibilité.

Je voudrais cependant placer la focale sur l'insertion sociale, un préalable avant toute insertion professionnelle, et principalement attirer l'attention sur des publics fragilisés: celui des jeunes qui représentent aujourd'hui 31% des bénéficiaires du revenu d'intégration, et celui des femmes .

Le travail sur le terrain est primordial. Dans ce cadre, mettre l'accent sur le développement social des quartiers qui regroupent 13% de la population namuroise, chercher à y faciliter l'insertion sociale, via l'accès au sport et à la culture, est indispensable pour une Ville où il fait bon vivre.

Mais, afin d'aider par la suite à l'insertion professionnelle, il faut donner aux jeunes le goût et la motivation pour les études, et ce n'est pas évident quand on a des parents qui n'ont, par exemple, jamais connu que le revenu d'intégration. Au CPAS de Namur, l'on encourage financièrement les jeunes à continuer ou à reprendre des études, parfois même au-delà de 25 ans. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à ce niveau (environ 61%), ce qui est encourageant, mais elles s'engagent souvent dans des filières peu porteuses et choisissent de préférence, au niveau des études supérieures, le type court. Le travail d'orientation mené au CPAS doit tenir compte de ces paramètres. De plus, certains jeunes auraient besoin d'un suivi au pas à pas: quel est le bilan des expériences menées avec des volontaires à ce niveau?

Le décrochage scolaire est aussi une problématique qui doit retenir toute notre attention... Certes les écoles des devoirs ont tout leur sens, le projet d'une Maison d'accueil pour étudiants en difficulté est intéressant, mais comment sensibiliser encore davantage les mineurs, voire les petits enfants, à trouver un sens à l'école? Comment responsabiliser encore davantage les parents? S'ils se présentent comme des assistés, quel modèle les enfants vont-ils intégrer? Le CPAS devrait, selon moi, creuser des nouvelles pistes pour un plus grand soutien à la parentalité. Pour sensibiliser à l'importance de l'école, des études, l'on peut imaginer, par exemple, la création d'un spectacle (théâtre action), l'élaboration de dessins ou d'une BD par des enfants lors de stages, comme celle réalisée précédemment sur les économies d'énergie. Les planches, affichées dans la salle d'attente, attiraient l'attention.

Je voudrais également souligner l'importance de s'occuper des femmes précarisées. Celles qui sont seules avec enfants sont les premières victimes de la pauvreté. Elles ont du mal à trouver un logement, sont encore trop souvent victimes d'expulsions. Comment, de surcroît, les aider à accéder à la culture, au sport ? Je félicite Mme l'Echevine d'avoir été sensible à cette problématique et d'avoir évoqué, par exemple, une collaboration avec la Maison de la Poésie.

Si ces femmes ont, de plus, la représentation qu'une bonne mère est une femme au foyer, comment les amener à sortir de chez elles? Une Bruxelloise d'origine maghrébine nous disait récemment son inquiétude par rapport aux femmes immigrées de la seconde, voire de la troisième génération, qui restent enfermées chez elle, en n'ayant plus le souci de s'intégrer: comment aller vers elles? Comment faire en sorte qu'elles n'éduquent pas leurs enfants avec la crainte de s'ouvrir à ce qui est différent? L'intégration ne concerne pas que les primo-arrivants.

En ce qui concerne l'insertion professionnelle des femmes, nous savons qu'elles ont souvent des emplois à temps partiel, que les interruptions de carrière pour s'occuper des enfants sont fréquentes et qu'elles se retrouvent parfois très démunies à l'âge de la retraite, lorsque, à cause d'une séparation, d'un divorce, elles voient se profiler leur vieillesse dans des conditions difficiles. Je pense ainsi aux femmes d'indépendants qui se retrouvent parfois seules avec une faible pension. Il me semble que, même si le CPAS a pris des initiatives pour les femmes (je pense au job coaching), la décision, peut-être budgétairement nécessaire, de fermer l'EFT "Osez le fer" invite à explorer des pistes nouvelles pour ne pas rester sur un aveu de faillite.

De vastes chantiers sont donc encore à mener. Il n'empêche que "chaque année qui commence est une promesse et une espérance" Sans croire naïvement que 2014 marquera une embellie dans le ciel du social, il est cependant crucial que tous les Namurois gardent foi en un meilleur avenir pour tous et le construisent ensemble.

 

 



Publié dans Conseil Communal

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