Intervention au Conseil communal du 20 février 14 sur le SDER

Publié le par Anne Oger

L'ancien SDER datait de 1999: il était donc impératif de le revoir afin de mieux coller aux besoins des citoyens et aux défis actuels. Une de ses qualités est de ne pas être figé et de pouvoir évoluer.

NAMUR comme capitale de la Wallonie y voit son rôle renforcé et est reconnue comme un pôle touristique majeur - on ne peut que s'en féliciter. En Europe occidentale, toutes les régions s'appuient sur leur capitale pour se développer. Pensons à Lille, Lyon, Nantes ou Bilbao, par exemple. A ce titre, des choix d'investissements wallons, tant en terme d'infrastructures que d'équipements, s'imposent à Namur. Il est bon de le rappeler, d'avoir de l'ambition pour notre Ville et d'en développer une vision à moyen et à long terme.

Car Namur se situe aussi, au niveau de la mobilité, au carrefour de trois grands axes de circulation : les autoroutes, le chemin de fer et les fleuves, ce qui en renforce l'attractivité. Il existe un réel pôle de développement économique wallon autour de ces axes que le SDER ne souligne pas encore assez. 

En ce qui concerne les autoroutes, nul n'ignore que la E42 (venant de Lille et allant vers Liège, Maastricht et Cologne) ainsi que la E411 (reliant Anvers et Zeebruge au Luxembourg et au Nord de la France), se croisent à Namur, formant ainsi un nœud routier stratégique pour l'Europe de l'Ouest.

Namur est aussi très proche des trois aéroports de passagers et de fret que sont Bierset, Gosselies et Zaventem, ce qui lui offre un beau potentiel de développement. 

Notre Commune est également à la croisée de grandes lignes ferroviaires permettant des connexions avec les pays limitrophes (Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg et France): celle qui va de Bruxelles à Arlon/ Luxembourg, celle allant d'Anvers à Athus, sans compter la dorsale wallonne. Mais le transit de marchandises dangereuses (RID) passant par le centre de notre ville pose un souci réel de sécurité. Il n'existe pas, comme à Liège ou à Mons , de voies de délestage. 

Et, pour résoudre les problèmes d'engorgement et de sécurité, il serait aussi opportun de réfléchir à de nouvelles infrastructures extra-muros, voire même à une nouvelle gare de triage, à proximité du nœud de croisement. Ce serait un atout supplémentaire à même de redynamiser les ateliers d'Infrabel. 

En ce qui concerne le trafic "passagers", la gare de Jambes joue aussi un rôle non négligeable

Le développement des chemins de fer dans et autour de Namur doit donc être encore davantage intégré dans le SDER: la mise à 3 voies entre Auvelais et Namur pour le transport de marchandises, la modernisation des lignes ne sont peut-être pas suffisantes. Et il est regrettable que Namur ne puisse accueillir des trains à grande vitesse.

En ce qui concerne le réseau fluvial, Namur, avec le confluent de la Meuse et de la Sambre, est un lieu capital par où transite le transport des marchandises. L'attrait touristique d'une telle configuration n'est pas non plus à négliger: les sites de la Citadelle et du Grognon sont parfaitement visibles et « lisibles » à partir de ces deux fleuves. 

Dans ce contexte, le port autonome pourrait se développer autour des services dus à la batellerie et les chantiers de Beez autour de services spécialisés (hôtels, port de repos, restauration, commerces spécialisés)?

Je ne conteste pas le bien-fondé d'un outil comme le SDER, mais je voudrais terminer en vous livrant quelques-unes de mes remarques d'ordre plus général :

• En ce qui concerne sa praticabilité, des problèmes juridiques subsistent actuellement, des mesures préconisées allant à l'encontre des lois existantes (par exemple au niveau forestier). 

• Plus fondamentalement, les communes auront-elles les moyens nécessaires pour le mettre en oeuvre? Quels seront les critères d'évaluation? Certains ne sont toujours pas précisés à ce stade. Quels seront les mécanismes d'ajustements? 

• Et quelle souplesse, quelle autonomie aura une commune comme la nôtre qui s'est déjà dotée d'un schéma de structure? Si nous désirons nous en écarter, ne devrons-nous pas rédiger des actes administratifs complexes pour motiver ces écarts?

• Enfin, le SDER prend en compte les besoins en matière de logement, mais quelle réponse donne-t-il aux autres besoins, en matière de soins, par exemple? 

Je vous remercie pour votre attention.

 

Publié dans Conseil Communal

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